Le raid blanc

J2 du raid blanc

Lever à 6h30. Il faut nourrir les chiens au moins une heure avant de partir sinon ils peuvent se retourner l'estomac et en mourir. Romain sort donc et tous les animaux manifestent leur joie pressentant l'arrivée du petit-déjeuner. Une autre explication à ce lever matinal est que nous allons profiter des heures les plus fraîches pour avancer au maximum.

Comme on est prêt en premier, notre convoi va partir devant. Nous attelons les chiens puis traversons le lac. Avec la température négative de cette nuit, il a bien regelé et il n'y a plus de slush. Les traineaux glissent parfaitement sur une surface lisse.

Parés au départ

Le sentier alterne entre piste étroite et plus dégagée, replats et côtes.

Piste forestière étroite Dans la forêt
Large piste Forte descente

 

Nous gérons maintenant bien les traineaux et pouvons maintenir une allure régulière. Avec cette totale cohésion entre hommes et animaux, nous parvenons ainsi, à l'issue d'une boucle de plusieurs kilomètres, à rattraper nos acolytes qui avaient pris un raccourci pour combler leur retard au démarrage. Pour éviter de trop faire l'accordéon, Romain décide de marquer une pause. Après avoir attaché l'ancre, on peut aller distribuer les caresses en guise de remerciements. J'aime consacrer du temps à "mes" chiens alors si je passe devant la stake-out au bivouac et qu'ils m'appellent, je fais un crochet pour aller les voir.

Traversée d'une rivière Embouteillage

Fait unique du séjour, nous croisons deux canadiens en motoneige qui s'arrêtent pour discuter avec notre guide mais celui-ci ne les comprend quasiment pas. Et à peine plus loin des traces de présence humaine au travers de deux petites cabanes de chasse à distance respectable l'une de l'autre.

Cabane

La chaleur continue par contre d'accabler les chiens. On va en effet avoisiner aujourd'hui les 25°C, un record absolu pour un mois de mars depuis que la météo existe. La progression n'en est que durcie d'autant plus que le niveau de neige augmente un peu.

Neige plus haute

A la sortie d'un bois, nous débouchons sur un nouveau lac où se trouve le camp ARKA. Nous y séjournerons 48h car la température élevée rend d'autres campements inaccessibles : le risque de passer à travers la glace est trop grand.

Lac du camp ARKA

Après avoir dételé et attaché les chiens, nous les abreuvons. Puis, nous partons pour une mini balade en raquettes vers la décharge du lac, une zone où le trop-plein se déverse dans un ruisseau. A ce niveau, la glace est plus fine et il serait facile de passer au travers. Mais de notre position, nous sommes à l'abri d'un tel risque car sur la rive.

Pendant que certains prennent un sauna, je préfère retourner voir mon team et les autres chiens de notre convoi. En faisant moins d'erreurs, j'ai à présent gagné leur confiance. Ca se sent. Avant d'aller souper, je vais également sur le lac faire l'andouille avec F..

Jeu sur le lac

La nuit tombe doucement, la quiétude s'installe.

Au soleil couchant

Malik, Koïva et Itak Kapa
Kamik Artik

J3 du raid blanc

Nous allons aujourd'hui ménager les chiens avec une demi-journée de travail car l'étape de demain sera longue.

Peu après le lever et en attendant le petit-déjeuner, je descends au lac dont la surface est caressée par une brume filante.

Brume matinale sur le lac

Vers 8h30, c'est le départ. Mais celui-ci est technique car il y a des arbres au milieu de la piste que l'on aurait tôt fait de percuter. Nos réflexes acquis en 3 jours vont permettre de se faufiler entre eux sans casse malgré un départ canon.

Traversée du lac

La situation va cependant se détériorer brutalement et nous n'atteindrons pas l'objectif du jour. Nous nous engageons sur une piste non ouverte. Le niveau de neige est conséquent et les chiens souffrent. Skoual, sur le traineau de Romain, commence à être malade. On marque autant de pauses qu'il a besoin pour reconstituer ses forces. Mais l'effort est trop violent pour lui. Romain décide donc de le faire passer sur le dernier traineau, celui de F., car la neige est plus tassée après 2 passages. Le problème c'est que Skoual est l'ancien caïd du chenil et qu'il s'est fait passer à tabac par les frères de Kuba, Kapa et Kraken, avec qui il doit échanger la place. Il en garde une babine qui pendouille et surtout il existe une profonde inimitié entre les trois chiens. L'opération va donc consister à détacher Kapa et Kraken du traineau de Fred pour les amener à la place de Skoual en faisant passer les deux frères d'un côté du convoi et Skoual de l'autre, à distance respectable des autres chiens pour éviter les attaques.

Neige haute pour les chiens

Le convoi repart, nous descendons régulièrement et poussons pour aider nos compagnons. Nous aussi, nous nous enfonçons beaucoup : au moins jusqu'aux genoux. Mon bon Malik se sent à son tour mal. Il va falloir trouver une solution avec deux chiens vraiment épuisés et 10 autres qui vivent un calvaire.

Croisant un peu plus loin une autre piste plus dégagée, nous avançons quelques centaines de mètres supplémentaires, traversant des flaques d'eau fondue. Ayant enfin trouvé un endroit propice pour faire demi-tour en sécurité, nous nous arrêtons pour la récupération des chiens et prendre un café et quelques en-cas. Romain ne mangeant pas de dessert a en effet oublié de nous en donner les deux premiers pique-niques. Du coup, nous sommes à la tête d'un trésor de guerre qu'il faut consommer sans modération.

La pause terminée, nous accomplissons notre demi-tour et repartons en moitié moins de temps vers le camp ARKA. Un seul désagrément est à signaler : avant d'escalader un accotement, une flaque d'eau partiellement gelée et assez grande. Romain est juste devant et pousse le traineau pour franchir l'obstacle. Le rattrapant, je suis contraint de m'arrêter. La glace craque, le traineau s'affaisse d'une dizaine de centimètres et mes bottes font le plein car elles ne sont pas totalement étanches.

Nous arrivons au camp en même temps que l'autre groupe, nous occupons des chiens puis préparons le pique-nique toujours sur feu de bois. A l'issue du repas, on peut aller faire du repérage avec Julien ou de la pêche blanche avec Romain. Nous choisissons tous la seconde option et partons en raquettes pour une marche de plus d'une heure à travers les collines, longeant de temps à autre une rivière ou un lac.

En raquettes dans les bois

Sur le sentier où il n'y a rien d'autre à faire que de suivre la piste, l'esprit vagabonde au même rythme que le corps.

Arrivés sur place, des trous sont creusés dans la glace à l'aide d'une tarière manuelle.

Tarière manuelle

Les hameçons disparaissent dans les profondeurs gelées. Il faut à présent attendre. Et on a beau attendre, nous avons moins de succès que dans la pêche aux canards des fêtes foraines. Heureusement qu'il reste des vivres au camp !

Au retour, nous coupons par une pente bien plus raide qu'à l'aller jusqu'à retomber sur nos traces. L'effort a été important en tête avec de la neige à mi-jambe et un toboggan à dévaler sur les fesses raquettes aux pieds.

Retour en raquettes à travers bois

Certains optent à nouveau pour un sauna, je m'occupe de cartes postales, de mon carnet de voyage et bien sûr des chiens.

Gunner

Kuba, Koïva, Malik Itak

Quant à la soirée, nous la passons sans lumière ou presque car la lampe intérieure a lâché hier. Ca nous permet de nous coucher plus tôt que d'habitude (22h vs 23h). Etant donnée la chaleur, nous sommes contraints de laisser la porte ouverte. Incroyable ...

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